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 Archives vermoulues.

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Shurgaal

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MessageSujet: Archives vermoulues.    Ven 11 Mar - 1:55

Une modeste bâtisse de ciment plantée en plein désert. Derrière la porte défoncée, une pièce hexagonale, dont les murs sont tapissés d’étagères distinctes. Des traces noirâtres ont souillé la majorité des feuilles jaunies par le temps, des ossements gisant au sol compliquent l’accès aux murs, mais vous parvenez à vous saisir d’une liasse de textes.
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Shurgaal

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MessageSujet: Re: Archives vermoulues.    Ven 11 Mar - 1:56

Le voyageur appuya lourdement son dos contre l’encadrement de la hutte. Dans cette position, il avait une vue dégagée sur le reste du campement, éclairé çà et là par quelques torches tremblotantes. Le campement en question était constitué d’un simple mur, fait de bric et de broc, abritant en son sein une large place circulaire, autour de laquelle se répartissaient une demi dizaine de « dortoirs » encore en construction.

Au centre de la place se tenait une vaste tente, noyée dans une foule d’individus. Le voyageur en connaissait certain, haïssait la plupart et ignorait les autres.

Il avait aboutit ici dans l’après-midi, alors que le soleil était encore haut. Il avait entendu l’appel, comme tous les autres. Il n’avait pas été le premier, loin de là. A son arrivée, des personnes lézardaient déjà aux abords de la ville et le campement avait alors semblé compter, au bas mot, une trentaine d’âmes.
Traînant son bouclier rendu depuis longtemps brûlant par les rayons ardents du soleil, le voyageur avait passé les portes rudimentaires du campement, pénétré dans la grande tente pour y faire connaître son arrivée, puis s’était traîné dans la parcelle allouée à ceux de sa caste, avant de s’y effondrer.
Il y avait retrouvé des connaissances, plus ou moins vieilles, plus ou moins bien conservées. Certaines avaient défié ses souvenirs, affichant cicatrices, maturité, regards rendus vides par les rigueurs de la lutte. Mais cela n’avait en rien réduit sa joie.


D’autres voyageurs étaient venus après lui, formant un flot ininterrompu de capes, de pelles ou de livres effeuillés. Le flot s’était quelque peu tari à compter du crépuscule, mais à chaque fois qu’il pensait qu’il n’en viendrait plus, d’autres surgissaient de l’obscurité glaciale , et, inlassablement, s’engouffraient dans la tente pour en ressortir quelques minutes plus tard et aller se mêler à leurs compagnons de caste, blottis autour de feux allumés à la va-vite.

Malgré la tension, qui devenait palpable dans les interstices séparant les différents groupes, le voyageur avait pu observer des inconnus de castes différentes fraterniser, voire faire démonstration de marques d’amitié. Cela le déconcertait.

Le voyageur fixa le feu autour duquel une douzaine de ses compagnons échangeaient leurs expériences respectives dans une communion fraternelle. Des quolibets jaillissaient joyeusement des différents cercles de castes, à intervalle réguliers, contribuant malgré tout à adoucir l’atmosphère, déjà apaisée par le réconfort des flammes, de l’alcool et de la tranquillité nocturne.

Lentement, le gardien s’arracha à la chaleur du feu pour s’allonger sur sa couchette. Demain, d’autres viendraient. En quête de gloire, assoiffés de victoire, comme ils l’étaient tous. Forts, chétifs, gardiens ou capuchards, peu importait. Le regard braqué sur le ciel scintillant, les yeux dans le vague et la tête en appui sur ses deux bras musculeux, il s’abandonna au sommeil, bercé par la présence des siens qui lui avait tant manqué dans ses errances.




Dernière édition par Shurgaal le Ven 8 Avr - 22:21, édité 1 fois
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Paolino

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MessageSujet: Re: Archives vermoulues.    Dim 13 Mar - 18:23

Minuit sonnait.

Un grincement rauque se fit entendre lors de l'ouverture du forum.
Afflua une masse compacte et indistincte de rebuts de la société, conteurs, légendaires et simples anonymes. Un seul point commun : leur héroïsme. Les protagonistes se séparèrent presque naturellement en petits groupes, chacun allant vers ceux qui lui ressemblaient le plus, bavardant entre eux à la lumière de la lune. Comme dans le vaste désert qui nous sert de terrain de jeu, le multiculturalisme, la compréhension des autres n'étaient pas le point fort de ces communautés.

Éclaireurs, Fouineurs, Gardiens, Ermites, Apprivoiseurs. Autant de castes qui se détestaient, se moquant régulièrement de leurs différences. Chacun préférant afficher sa supériorité relative. Et pourtant tout le monde pouvait retrouver des amis, des collègues, des connaissances dans ce brouhaha d'individus.

Mais la classe était plus importante. On ne mélange pas les souches et les débris pouvait-on entendre régulièrement.

Et moi dans tout ça, j'observais, je raillais, je claironnais notre domination.
Comme tout un chacun.
Je n'étais pas si différent des autres, seul un instant de lucidité me permettait d'écrire ces quelques lignes.

Minuit sonnait et la vie continuait.

Un héros.


Page XXIV du livre : la vie de P.


Dernière édition par Paolino le Dim 13 Mar - 23:50, édité 3 fois
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TitCherry

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MessageSujet: Re: Archives vermoulues.    Dim 13 Mar - 18:50

Le jour se levait à peine.
L'appel lointain et vague ne datait que de quelques jours, et pourtant déjà les héros de tout temps se pressaient vers cet endroit.
Assise sur une dune proche de la ville regroupant tous ces gens, j'observais leur grouillement frénétique. J'étais arrivée dans les premières, et malgré mon dégoût des endroits peuplés, j'étais fascinée.
Tout ces gens croyant prouver que les leurs étaient les plus forts... Et j'en faisait partie.
J'étais souvent traitée comme une pestiférée parce que je n'avais pas à dépendre de la ville. Cette communauté qui voyait en moi un ennemi potentiel sous prétexte que je n'étais pas sous son joug. Alors forcément, les ragots fusaient. Ils se moquent tous de notre façon de vivre, mais en oublient que nous sommes dans un monde qui a pour devise : moins de morale, plus de violence.
A quoi bon s'enchaîner à des vielles valeurs comme l'apparence? De celles qui ont fait de notre monde dévasté ce qu'il est? Nous sommes les possesseurs du savoir ancestral, mais en même temps nous sommes ceux qui voient loin dans le futur. Les hommes sont plus forts en se regroupant, mais en deviennent aussi paradoxalement plus faibles. Ils oublient ce pourquoi ils se sont regroupés, et prétendant agir pour le bien commun, en deviennent intolérants.
Cela vaut pour nous aussi. Au lieu d'essayer de leur faire comprendre qu'ils sont sur la mauvaise voie, nous perdons la tête face à eux et devenons aussi idiots qu'eux. Je n'échappe pas à la règle. Ce n'est qu'après 'être isolée dans le désert que je retrouve les valeurs pour lesquelles je suis ici. Cela ira mieux lorsque nous ne serons qu'entre nous.
Je me levais, frottais mon corps tanné par le soleil avec du sable pour nettoyer ces taches de liquides moisis appartenant à d'ex-zombies, et dirigeais mes pas vers eux.
Il était temps de reprendre ces joutes verbales incessantes.
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TitCherry

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MessageSujet: Re: Archives vermoulues.    Lun 14 Mar - 20:25

Le temps s'est arrêté.
Le temps s'est soudain suspendu, mais la vie continuait quand même ici. Pourtant, en nous, le temps c'était soudain arrêté.

Une vague de froid avait parcouru la ville, et les exclamations continuaient pourtant toujours.
De temps en temps, certains s'arrêtaient pour proférer quelques paroles sur ce sujet pourtant étrange, mais s'en allaient sans aucune crainte.
Moi, je tremblais de tous mes membres. Se profilerait-il à l'horizon la silhouette d'un nouvel armaggedon?
Cet horrible période de notre histoire, que deux de mes amis plus vieux que moi me racontaient parfois?
Si aujourd'hui un tel cataclysme ne se préparait peut-être pas, en tout cas notre monde s'en retrouvera totalement bouleversé, et cette anomalie scientifique de temps immobile pèsera certainement beaucoup sur les défis et ffrontements qui nous attendent.
Le temps file, et il ne repart pas pour autant.
Je crois bien que c'est la première fois que je ressens une telle angoisse.
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Shurgaal

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MessageSujet: Re: Archives vermoulues.    Lun 14 Mar - 21:45

Trop nombreux.
Des yeux torves lorgnèrent la dizaine d’ermites dépenaillés longeant insolemment les limites du secteur. Les mains se crispèrent et les jointures blanchirent au contact du métal tiède, mais il n’y eut aucun mouvement.

Ils étaient trop nombreux.

La quinzaine de gardiens actuellement présents aurait pu sans peine ramener le petit groupe dans le droit chemin et éloigner raisonnablement ces inconscients de leur partie du camp, mais c’était sans compter la quarantaine de silhouettes massées non loin de là qui ne manqueraient pas de les soutenir, telle la meute de vautours égoïstes et lâches qu’ils se targuaient d’être. Comme toujours.

Trop peu de gardiens étaient venu. Au fil des jours ce constat s’était fait de plus en plus criant, accentué par l’insolence toujours croissante des ermites, qui, forts de leur nombre, s’en prenaient toujours plus violemment aux castes minoritaires, repoussant à chaque altercation les limites de la bassesse.

Shurgaal effectua un rapide recomptage mental et se vit une fois de plus administrer la dure réalité. Là où le camp compterait bientôt deux cents âmes, ils n’étaient qu’une maigre trentaine. Même les antipathiques capuchards formaient à présent une communauté plus importante. Pourtant ils avaient accueilli d’autres éléments de qualité, renforcé les liens. Mais ce n’était pas suffisant dans l’optique quantitative qui semblait avoir saisis le campement.

Son regard se porta vers la Porte où étaient postés depuis quelques heures déjà une demi-douzaine de fouineurs, scrutant avec insistance chaque étranger les franchissant, lâchant parfois une ou deux railleries à leur encontre, brutalisant voire refoulant l’imprudent qui s’aventurait à l’extérieur sans être accompagné de ses pairs. Une moue de dégoût tira les lèvres du gardien.

Ce climat de tensions ne faisait que souder les communautés, forgeant liens et identités. Mais combien de temps lui et ses compagnons devraient-ils encore faire profil bas et endurer rageusement les provocations de ces minables ?

Raffermissant sa prise sur son bouclier, le gardien escorta trois de ses compagnons jusqu’à la porte. Ignorant la masse hostile et omniprésente, ils serrèrent les rangs.


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Shurgaal

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MessageSujet: Re: Archives vermoulues.    Lun 4 Avr - 21:30

Sans un bruit l’hémicycle doré sombra dans la mer de sable.
Il n’en viendrait plus. Pour le meilleur ou pour le pire.

Perché au sommet de la tour branlante, édifiée au fil des jours par quelques héros en manque d’effort physique, le gardien observait en contrebas l’amas informe de plaques de tôle et de briques qui constituait le bidonville.

On distinguait parfois au travers des tentes et des taudis une portion du mur d’enceinte qui avait accueilli les premiers arrivants. Rapidement, le manque de place avait contraint les arrivants à s’installer à la périphérie du cœur, au-delà des défenses, qu’il avait d’ailleurs fallu reconstruire plus loin. En cette soirée, le complexe tentaculaire qui s’étalait sous ses yeux comptait plus d’un demi-millier d’âmes.

Ici et là, torches et lampes furent allumées, ponctuant les ténèbres grandissantes d’une chaleureuse lueur orangée. Les lèvres sèches du gardien goûtèrent quelques secondes encore la brise tiède en provenance du Nord, puis ce dernier se résolut à se laisser glisser le long de l’échelle branlante qui le conduirait jusqu’à la terre ferme.

Le camp initial s’était peu à peu mué en une zone neutre, alors que les premiers habitants du cœur s’étaient déplacé à la périphérie afin de ne pas laisser vulnérables les nouveaux venus de leurs castes. Il s’y tenait une atmosphère d’attente. En ce lieu, l’attente avait fini par ronger la tension et les conflits. La raison pour laquelle ils étaient tous venus de si loin résidait ici, dans la tente centrale, et personne n’aurait risqué sa place pour une vulgaire bagarre un peu trop près de ceux qui se nommaient « Organisateurs ».

La violence n’avait pas disparu, loin de là. Ermites, gardiens, éclaireurs, fouineurs et apprivoiseurs se côtoyaient à chaque minute, ne dormant parfois que séparés d’une toile de tente, l’installation chaotique des nouveaux arrivants et le manque d’espace récurent empêchant tout rassemblement. Querelles, provocations, pugilats, la moindre étincelle entraînait parfois l’embrasement de toute la périphérie, et ne s’éteignait qu’une fois les participants rassasiés. Les comptes étaient réglés, par la violence ou, plus rarement, par l’humiliation de l’une des parties.

Rien ne changeait sous le soleil, pour la plus grande satisfaction du gardien qui se complaisait dans ce climat d’agressivité contenue, largement compensé par la fraternité qu’il sentait chaque heure plus forte.

Combien de fois ses camarades était venu le soutenir au détour d’une ruelle sombre tenue par un groupe de fouineurs ? Combien de fois avait-il agît de même ? Au milieu de la tourmente, la solidarité gardienne n’avait pas sombré, malgré ses craintes. Il avait craint lui-même. Craint de céder ainsi que les autres à la peur de la concurrence, de rejeter les plus habiles par jalousie mesquine. Craint de voir l’héritage ancien de leur métier à jamais brisé.

Mais ils avaient franchi ce cap. Pas un des leur n’avait été mis à l’écart.

Prenant rapidement le chemin de la périphérie, le gardien laissa ses réflexions se fondre dans l’ambiance étonnamment festive de la fin des inscriptions.



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